Nous souhaitons faire du domaine de la Conterie un territoire durable à taille humaine, pensé dès sa conception pour conjuguer ressources, environnement, usages et ancrage humain. C’est l’identité même du projet.
Le contexte
La responsabilité n’est pas un engagement supplémentaire : c’est l’âme même du projet. Chaque décision s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2030 et des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, utilisés comme une grille de lecture pour structurer les choix et mesurer les impacts.
Le projet s’appuie sur des bureaux d’études spécialisés et reconnus, en lien étroit avec l’ADEME, les collectivités et l’Architecte des Bâtiments de France, dans une logique de management environnemental. Implanté en zone France ruralités revitalisation (ZFRR), il se veut utile à son territoire : un tourisme de séjour qualitatif qui soutient l’emploi, les entreprises locales et la vitalité d’une campagne préservée.
L’énergie : produire autrement
Le domaine sera chauffé et rafraîchi par géothermie. 20 sondes plongent à 120 mètres pour puiser la chaleur stable du sous-sol, autour de 13 °C toute l’année, restituée par une pompe à chaleur réversible : elle chauffe en hiver et rafraîchit en été.
La pompe à chaleur couvre l’essentiel des besoins, environ 73 %. Un complément électrique ajuste la température finale et assure les 27 % restants. Comparée à une chaudière au gaz, l’installation demande un investissement plus lourd, mais offre un bilan carbone sans commune mesure : c’est un choix de long terme, durable et résilient.
Comment fonctionne la géothermie
Des forages accueillent des sondes verticales scellées dans le sol, jusqu’à 120 mètres. Un fluide caloporteur y circule en circuit fermé et capte la chaleur du terrain, stable autour de 13 °C toute l’année : les sondes jouent le rôle d’échangeurs thermiques. Une pompe à chaleur transfère ensuite cette énergie vers les bâtiments.
Grâce à la géothermie, le bâtiment profite toute l’année de la chaleur stable du sol, autour de 13 °C. En hiver, au lieu de devoir produire toute la chaleur à partir de l’air froid extérieur, la pompe à chaleur récupère cette énergie naturelle et la valorise pour chauffer les espaces, et c’est l’inverse en haute saison. L’électricité ne sert alors qu’à faire fonctionner le système et à compléter l’apport nécessaire pour atteindre une température confortable. C’est ce qui permet de réduire fortement la consommation d’énergie et les émissions de CO₂.
« Soit l’équivalent de 1 186 allers-retours Paris–New York en avion, économisés. »
Bâtir sans dénaturer
Plutôt que de tout démolir pour reconstruire avec des matériaux contemporains, nous faisons le choix de conserver le hameau et de le restaurer avec les matériaux et les techniques d’autrefois. Ce parti pris coûte sensiblement plus cher, mais il préserve l’identité du lieu : la pierre, les charpentes et les tuiles d’origine sont réemployées autant que possible, et chaque suite s’inspire de la fonction passée du bâti.
Lorsque des apports sont nécessaires, les matériaux viennent de la région. Les constructions neuves respectent la réglementation RE2020 et sont menées en concertation avec les Architectes des Bâtiments de France. Le permis de construire est validé, et les réseaux seront enterrés pour préserver le paysage.
La phytoépuration
Les eaux usées du domaine sont traitées sans chimie ni mécanique lourde, par un procédé entièrement naturel : la phytoépuration. 2 bassins plantés de roseaux assainissent l’eau avant de la restituer au sol.
Au-delà du traitement, ces bassins deviennent un véritable écosystème : ils accueillent insectes, oiseaux et micro-faune, et participent à la richesse biologique du site. Épurer l’eau devient ainsi un geste de création de vivant.
Comment fonctionne la phytoépuration
Les eaux usées arrivent par gravité dans un premier bassin de roseaux. En s’infiltrant à travers un substrat minéral, elles rencontrent les micro-organismes fixés sur les racines, qui dégradent la pollution organique pendant que les roseaux oxygènent le milieu.
Un second bassin affine l’épuration. À la sortie, l’eau épurée est restituée au sol par infiltration, sans aucun rejet dans les cours d’eau.
« La phytoépuration transforme les eaux usées en un écosystème vivant. »
L’eau, une ressource précieuse
L’eau est une ressource que le domaine veut préserver à chaque étape. 2 cuves enterrées récupèrent les eaux de pluie collectées sur les toitures. L’eau y rejoint les cuves par gravité, puis des pompes prennent le relais pour la redistribuer au moment de l’arrosage et du nettoyage.
La première cuve alimente l’arrosage des plantations et le nettoyage, la seconde est dédiée au potager, arrosé à 100 % sans eau potable. Ensemble, elles récupèrent 271 m³ par an, soit la consommation domestique de plus de 2 foyers français.
Récupérer les eaux de pluie
L’eau de pluie ruisselle dans les gouttières, puis descend dans un réseau de canalisations qui la conduit par gravité jusqu’aux cuves de récupération, enterrées à 2 endroits différents du domaine. Une fois stockée, elle est remontée par des pompes équipées de filtres pour l’arrosage du potager, des plantations et le nettoyage des espaces extérieurs.
L’investissement est conséquent pour une rentabilité économique inexistante. Mais l’eau est une denrée appelée à se raréfier et à coûter plus cher, à ménager avec d’autant plus d’attention face à des sécheresses plus fréquentes. C’est avant tout un choix écologique, qui limite le recours à l’eau potable.
Au-delà de la récupération, le domaine vise une véritable sobriété hydrique. Des équipements économes sont à l’étude, robinetterie à débit maîtrisé, sanitaires performants et systèmes de régulation, choisis pour réduire les consommations sans rien retirer à l’expérience d’un hôtel haut de gamme. Une sensibilisation douce et pédagogique accompagnera les clients, par exemple via la tablette des suites.
« Réduire sa douche de 5 minutes, c’est économiser 60 litres d’eau : 10 chasses d’eau, ou 30 jours d’eau de boisson pour une personne. »